Au cours des dernières années, l’intérêt pour la méditation a augmenté. Des universitaires ont écrit des livres à ce sujet, des athlètes l’ont ajouté à leurs routines d’entraînement et des psychologues ont commencé à le recommander.

Que font les stoïciens pratiquants de la méditation ? Indépendamment de sa popularité, je pense qu’il y a un argument solide en faveur de son ajout à la boîte à outils Stoic. Dans cette pièce, je vais clarifier quel type de méditation se marie bien avec le stoïcisme, puis montrer comment cette forme de méditation fournit un moyen de pratiquer l’une des disciplines fondamentales du stoïcisme, la discipline du jugement.

Premièrement, de quel type de méditation parlons-nous ? La forme de méditation soutenue la plus étudiée est la méditation de pleine conscience. La méditation de pleine conscience consiste à cultiver une conscience sans jugement. La capacité de voir les choses clairement et calmement.

En action, cela ressemble à entraîner la capacité de s’asseoir et de regarder les pensées et les sensations sans être dérangé ou s’envelopper dedans.

Une façon de penser à cela est en termes de fusion cognitive. La fusion cognitive est un terme de la thérapie d’engagement d’acceptation (issue de la thérapie cognitivo-comportementale, inspirée du stoïcisme). Souvent, le contenu et l’émotion des pensées se fondent de telle sorte que nous les voyons non pas comme les constructions mentales qu’elles sont, mais comme des faits objectifs. Si quelqu’un se sent déprimé, par exemple, il voit le monde à travers cet objectif. Au lieu de remarquer les pensées déprimées comme des pensées, ils les voient comme une réalité. De même, si quelqu’un devient passionnément en colère, cette colère devient leur monde. Le monde est perçu à travers la logique interne de la colère.

Bien sûr, les pensées sur le monde sont parfois exactes, même lorsqu’elles sont fusionnées. La personne déprimée peut avoir raison — le monde est à certains égards un endroit sombre et injuste. La personne en colère peut avoir raison d’avoir été maltraitée. Mais souvent, ces pensées sont le plus souvent inexactes. De plus, c’est une chose d’avoir une pensée précise et une autre d’y être coincée. Il faut passer de la dépression et de la colère.

C’est pourquoi il est important de désamorcer nos pensées et nos émotions et de les voir comme des constructions émotionnelles qui peuvent représenter ou non la réalité. C’est ce que Marc Aurèle entend quand il dit:

Aujourd’hui, j’ai échappé à l’anxiété. Ou non, je l’ai rejeté, parce qu’il était en moi, dans mes propres perceptions — pas à l’extérieur.

La compétence ici est de remarquer que notre anxiété est une construction mentale. Ce n’est pas une partie du monde. Ce n’est pas un fait objectif. Les Stoïciens historiques se sont rendus compte il y a quelques années.

En fait, cette compétence fait partie de la discipline stoïcienne de base du jugement. La discipline du jugement consiste à regarder le monde objectivement, sans ajouter de jugements de valeur inutiles. Cela implique la pleine conscience de ses pensées et de ses émotions dans le but de voir les choses telles qu’elles sont, sans ajouter d’histoires inutiles.

Pour avoir une idée de ce à quoi cela ressemble, passons rapidement en revue la théorie stoïcienne de la perception. Les philosophes stoïciens historiques croyaient qu’il y avait deux étapes dans la perception du monde: impression et jugement.

L’impression est la représentation primaire, c’est la sensation ou la pensée qui se produit en premier. Quand je regarde ma pièce environnante, il me semble qu’il y a une tasse sur la table.

La deuxième étape est le jugement. À cette étape, nous déterminons si notre première impression est vraie et peut ajouter un jugement de valeur. Je peux voir une tasse sur la table et juger qu’il y a, en fait, une tasse sur la table. Je peux aussi juger que c’est une bonne chose, car j’ai soif et j’aimerais un accès rapide à l’eau! C’est à cette étape que la fusion cognitive peut se produire.

Marc Aurèle discute d’un exemple:

Ne vous dites rien de plus que ce que vos représentations primaires vous disent. Si on vous a dit: « untel a parlé dans votre dos », alors c’est ce qu’on vous a dit. On ne vous a cependant pas dit que « Quelqu’un vous a fait du mal ».

Lorsque nous percevons le monde, nous pouvons le faire sans y ajouter immédiatement des jugements de valeur. Comme dans l’exemple de Marcus, vous pouvez percevoir quelqu’un vous disant que quelqu’un a parlé dans votre dos. Ceci est une description de la façon dont le monde est, rien de plus. C’est la représentation principale. À la représentation principale, nous pouvons ajouter un jugement de valeur: quelqu’un qui parle derrière votre dos est une mauvaise chose. Mais nous n’avons pas à le faire. Subtilement, même si nous ajoutons un jugement de valeur, nous pouvons le reconnaître comme une construction mentale et nous abstenir de le projeter sur le monde en tant que pensée objective.

Le but de la discipline du jugement contient en lui l’idée de conscience non judiciaire. Voir le monde tel qu’il est, clairement et calmement sans se projeter ni se coincer dans des pensées déformées. Grâce à la pratique, nous pouvons reconnaître et diminuer le nombre de pensées déformées. De plus, nous pouvons changer la façon dont nous réagissons aux pensées déformées. Compte tenu de notre nature, avoir de telles pensées est inévitable. Mais tout ce que nous devons faire est de les voir tels qu’ils sont, ce ne sont que des constructions mentales.

Il existe de multiples façons de pratiquer la discipline du jugement. La méditation de pleine conscience est une façon de le faire. Quand on s’engage dans ce genre de méditation, on s’assoit simplement avec ses pensées et ses sensations. L’idée est de remarquer ce qui se présente clairement et calmement. Cela se fait généralement en concentrant l’attention sur la respiration ou d’autres sensations dans le corps. En faisant cela, on s’entraîne à voir les constructions mentales telles qu’elles sont — tout comme les constructions c’est tout. Si l’on remarque une fusion cognitive, on note simplement ce qui s’est passé et on est ainsi capable de désamorcer. Les pensées sont vues comme des pensées, des sensations comme des sensations. C’est tout.

Le processus de méditation reflète bien la théorie stoïcienne de l’esprit. Le but est d’être conscient de nos impressions, qu’il s’agisse de pensées ou de sensations. Au lieu de « nous en dire plus » et d’y ajouter des jugements de valeur, nous pouvons les voir tels qu’ils sont.

C’est alors la valeur de la méditation de pleine conscience: elle fournit un gymnase pour pratiquer la discipline du jugement. Il le fait en nous donnant de l’espace pour améliorer l’habileté de coller à la représentation primaire. Cette compétence nous permet de diminuer la fusion cognitive et d’éviter de nous y coincer lorsqu’elle survient inévitablement.

La méditation est facile à pratiquer. Vous pouvez l’essayer seul ou avec des conseils. Il existe de nombreux cours ou applications que vous pouvez utiliser, vous pouvez utiliser l’application que j’ai créée, Stoa, une application de méditation et de journal construite autour de l’enseignement stoïcien., Il existe également d’autres bonnes options. Une courte méditation de cinq à dix minutes peut s’intégrer parfaitement dans de nombreuses routines du matin et du soir.

Bien sûr, la méditation n’est pas pour tout le monde. Aucun exercice stoïque ne fonctionne pour tout le monde. Cependant, parce que cela implique une compétence qui est si essentielle à la philosophie, cela vaut la peine d’essayer.

Je terminerai par une phrase de Marc Aurèle.

Votre concombre est-il amer? Jette-le. Y a-t-il des bruyères sur votre chemin? Tourne-toi de côté. Ça suffit.

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