Nombre estimé de nouveaux cas de tuberculose, 2004.

Les données proviennent de l’Organisation mondiale de la Santé. Les autres pays à charge élevée, par ordre décroissant de nombre de cas, sont les Philippines, le Kenya, la République démocratique du Congo, la Russie, le Vietnam, la Tanzanie, l’Ouganda, le Brésil, l’Afghanistan, la Thaïlande, le Mozambique, le Zimbabwe, le Myanmar et le Cambodge.

La tuberculose est l’infection opportuniste liée au VIH la plus courante en Inde, et la prise en charge des patients atteints des deux maladies est un défi majeur de santé publique. L »Inde a environ 1.8 millions de nouveaux cas de tuberculose par an, ce qui représente un cinquième des nouveaux cas dans le monde — un nombre plus élevé que dans tout autre pays (voir graphique circulaire).1 Les patients atteints d’une infection latente à Mycobacterium tuberculosis présentent un risque plus élevé de progression s’ils sont co-infectés par le VIH. Les patients infectés par le VIH ont une réponse bactériologique similaire au traitement de la tuberculose que ceux qui ne sont pas infectés mais ont des risques plus élevés de récidive et de décès. L’influence de la co-infection tuberculeuse sur la progression de la maladie à VIH est controversée.2

En 2004, environ 330 000 personnes en Inde sont mortes de la tuberculose.1 Deux personnes sur cinq — plus de 400 millions — ont une infection tuberculeuse latente.3 On peut s’attendre à ce que la tuberculose se développe chez plus de la moitié des personnes également infectées par le VIH. À l’heure actuelle, cependant, seulement environ 5% des nouveaux cas de tuberculose en Inde surviennent chez des personnes infectées par le VIH. La situation diffère de celle de l’Afrique subsaharienne, où l’incidence de la tuberculose dans de nombreux pays est plus élevée qu’en Inde et où jusqu’à 80% des patients atteints de tuberculose sont co-infectés par le VIH. En Afrique, le VIH a inversé les progrès réalisés dans la lutte contre la tuberculose il y a un quart de siècle.1,2 Il est peu probable qu’un tel renversement se produise en Inde.4

L’Inde a commencé son Programme national révisé de lutte contre la tuberculose en 19935. Son pilier est la stratégie de traitement direct observé, à court terme (DOTS). En règle générale, pendant les 2 à 3 premiers mois de traitement, le médicament est administré trois fois par semaine sous observation directe. Au cours des 4 à 5 mois suivants, au moins une des trois administrations hebdomadaires est directement supervisée.3

Population ayant accès aux DOTS, pour la tuberculose, et Patients recevant des DOTS.

Les données proviennent du Programme National révisé de Lutte contre la tuberculose, en Inde.

Après des essais pilotes, l’expansion rapide des POINTS a commencé à la fin des années 1990 et, en mars 2006, l’Inde a atteint une couverture nationale (voir graphique linéaire). Chaque mois, plus de 100 000 patients indiens — environ les deux cinquièmes d’entre eux avec un nouveau frottis d’expectoration positif — commencent le traitement. Le taux de réussite du traitement – le pourcentage de nouveaux patients atteints de frottis positifs qui sont guéris (p. ex., dont le frottis d’expectoration est négatif) plus le pourcentage qui complète le traitement sans confirmation bactériologique de la guérison – est d’environ 86%.1 Sur environ 2% des patients, le traitement échoue; dans 7%, le traitement est interrompu pendant 2 mois consécutifs ou plus; et 4% décèdent malgré le traitement.3 L’incidence estimée de la tuberculose multirésistante est de 2,4% chez les patients présentant de nouveaux cas et de 15% chez ceux ayant déjà reçu un traitement. En 2006, le budget national pour le traitement était de 57 millions de dollars et le coût total de la lutte antituberculeuse de 100 millions de dollars.1

Le programme national de lutte contre la tuberculose de l’Inde fournit des soins, des diagnostics et des traitements à grande échelle3,5 – offrant un exemple dont le Programme national de lutte contre le SIDA pourra peut—être tirer des enseignements à mesure qu’il se développera. Bien entendu, le traitement du VIH est souvent plus complexe et plus coûteux que le traitement de la tuberculose et doit se poursuivre indéfiniment. Lorsque les patients infectés par le VIH sont traités dans le même établissement que ceux atteints de tuberculose, des mesures efficaces de lutte contre l’infection sont essentielles, compte tenu du risque élevé de transmission nosocomiale de la tuberculose. Lorsqu’ils prennent soin de patients co-infectés, les médecins doivent tenir compte de nombreux problèmes cliniques, tels que ceux liés à la prévention de la maladie, au moment du traitement, au choix des médicaments, aux interactions médicamenteuses, aux effets secondaires et à la résistance, et à la réinfection potentielle avec d’autres souches de mycobacterium. Le traitement antirétroviral est essentiel pour réduire le nombre de décès dus à la tuberculose liés à l’infection par le VIH.4

En Inde, les soins de la tuberculose et du VIH sont de plus en plus coordonnés, mais tous les avantages doivent encore être réalisés. Un exemple de coordination réussie est le renvoi de personnes soupçonnées de tuberculose de centres de conseil et de dépistage volontaires du VIH vers des centres de lutte contre la tuberculose. Entre janvier et septembre 2006, un total de 15 000 personnes suspectées de tuberculose séropositives et de 16 420 séronégatives ont été dirigées vers ces établissements par des centres dans les six États indiens où la prévalence du VIH est la plus élevée (Andhra Pradesh, Karnataka, Maharashtra, Manipur, Nagaland et Tamil Nadu); la tuberculose a été diagnostiquée chez 22,3 % et 23,9 % des patients de ces groupes, respectivement. DOTS a commencé chez beaucoup de ces patients. La lutte contre la tuberculose et le VIH sera probablement plus efficace si les programmes collaborent autant que possible et sont étroitement intégrés au reste des soins médicaux.2

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.